Paris. Fondation Singer-Polignac. Jeudi 24 mai 2023
Récital somptueux de Jean-Paul
Gasparian jeudi soir dans le cadre splendide à l’acoustique flatteuse de la
salle de concert comble de la Fondation Singer-Polignac, implantée dans la
cossue avenue Georges Mandel. Sur un grand Steinway parfaitement réglé, le
pianiste a donné le programme Claude Debussy qui a fait l’objet de son dernier
CD à ce jour (voir le compte-rendu http://brunoserrou.blogspot.com/.../cd-lensorcelant-piano...),
suscitant l’admiration des nombreux professionnels venus pour l’occasion. Le
pianiste a ajouté en bis un délectable mouvement lent au chant suprême de la Sonate n° 2 en si
bémol mineur op. 36 de Serge Rachmaninov.
Elégant et sans apprêts de tenue et de jeu, Jean-Paul Gasparian exhale de ses longs doigts des sonorités liquides, pleines et moelleuses, constituées de graves profonds, d’aigus lumineux et d’un médium aux résonances épanouies. Le tout offre à entendre un piano toujours charnel, le toucher perlé et le son onctueux de Gasparian suscitant des harmoniques amples et colorées, confortant ainsi grandeur nature ce que le disque livre déjà pleinement. Mais écouter en direct dans l’excellente acoustique boisée de l’hôtel particulier de la Fondation Singer-Polignac les mêmes œuvres et dans le même ordre que celles enregistrées s’est avéré être un véritable régal pour l’oreille et pour les yeux.
Surtout considérant le fait que l’écoute s’est déroulée sur le lieu-même où a été réalisé l’enregistrement et sur le même instrument préparé par le même technicien. Même si la salle parsemée de quelques jeunes-gens et de nombreux professionnels de la musique, était à dominante blanc-gris côté toison, et malgré une sonnerie de téléphone oubliée par un monsieur d’un âge certain fusillé du regard par la femme du même âge qui l’accompagnait, le public s’est avéré concentré et à l’écoute. Il faut dire que ce que le pianiste donnait à entendre était une véritable invitation au voyage, proposant une diversité infinie de paysages enchanteurs aux multiples ramifications.
Bruno Serrou
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