dimanche 27 septembre 2026

L’Orchestre de Paris et Leonidas Kavakos transcendent les Brahms de Christoph Eschenbach

Paris. Philharmonie. Salle Pierre Boulez. Mercredi 23 septembre 2026

Christoph Eschenbach, Orchestre de Paris
Photo : (c) Bruno Serrou

L’Orchestre de Paris a retrouvé avec émotion cette semaine Christophe Eschenbach, son directeur musical pendant  dix ans (2000-2010) dans un programme monographique consacré à Johannes Brahms

Leonidas Kavakos, Orchestre de Paris
Photo : (c) Bruno Serrou

Aimez-vous Brahms ?... Question saugrenue pour qui nterrogerait les membres de l’Orchestre de Paris qui jouent l’œuvre d’orchestre du maître de Hambourg plusieurs fois l’an depuis sa fondation en 1967. Et l’amour de la musique de ce compositeur exigeant, voire intransigeant mais d’une sensibilité à fleur de peau par la phalange parisienne ne cesse de convaincre et de transcender ses auditeurs. Mercredi soir, sous la conduite de l’un de ses ex-directeurs musicaux, Christoph Eschenbach, qui, bien que se déplaçant difficilement avec une canne, entré sur le plateau au bras du soliste Leonidas Kavakos, insuffle à 86 ans à cette musique qu’il a dans le sang, et, malgré ses gestes courts et réduits au strict minimum  au point de ne pas être perceptibles vus de dos, une vie, une énergie, une poésie, une ardeur saisissantes, lui instillant une rythmique flexible et obtenant de tous les pupitres de l’orchestre qu’il connaît bien des couleurs chaudes, sombres, veloutées d’où il émane une lumière intimiste mais intense, que ce soit dans le Concerto pour violon d’une beauté et d’une richesse stupéfiantes sous l’archet du magicien grec Leonidas Kavakos, chantre magnifique au jeu transcendant de cette œuvre sublime jouée sur son Stradivarius « Willemotte » de 1734 aux sonorités profondes et riches en nuances, jusqu’au plus délicat des pianississimi, sublimant les dialogues avec les pupitres soyeux des cordes, et les bois onctueux. Ce que le virtuose grec confortera dans son bis tiré de la Sonate n° 2 de Jean-Sébastien Bach.

Leonidas Kavakos, Christoph Eschenbach, Orchestre de Paris
Photo : (c) Bruno Serrou

En regard, une Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68 héroïque, vive et souvent exaltée tandis que le geste du chef demeure imperceptible, mais chantant magistralement, loin des sentiments interprétations généralement introspectifs et nostalgiques des chefs octogénaires, tandis que l'Orchestre de Paris répond avec une parfaite cohésion. Une leçon de jeunesse de la part d’un chef à première vue physiquement affaibli.

Bruno Serrou 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire