Paris. Philharmonie. Salle Pierre Boulez. Samedi 26 septembre 2026
Entre deux étapes du pèlerinage marial du pape Léon XIV en France, la Philharmonie de Paris a offert samedi soir un prolongement artistique au public mélomane sa propre soirée mariale d’une vivifiante spiritualité devant une salle comble avec l’immense chef-d’œuvre liturgique qu’est Vespro della Beata Vergine (1610) de Claudio Monteverdi dédié au pape Paul V (1605-1621)
Une somptueuse soirée de musique des sphères, impression amplifiée par le faible éclairage du plateau et de la salle, finement « revisité » par le chef aveyronnais Simon-Pierre Bestion à la tête de son ensemble vocal et instrumental La Tempête qu’il a fondé en 2015, un véritable spectacle méditatif scénographié et mis en lumière par Marianne Pelcerf à l’aide de bougies plantées sur un grand brûloir d’église, et de projecteurs plus ou moins volumineux et puissants émergeant du noir, salle et plateau, et une spatialisation donnant une force à la fois théâtrale et introspective à l’œuvre magistrale de Monteverdi d’une beauté céleste, utilisant la totalité des espaces disponibles à l’intérieur et dans les coursives de la Salle Pierre Boulez de la Philharmonie, notamment pour les divers échos, vocaux et instrumentaux. Le dispositif instrumental était disposé en arc de cercle tout en formant deux orchestres séparés au centre, chacun avec à sa tête une harpe, un côté les cordes, de l’autre les instruments à vent, l’orgue et le clavecin, soit un, total de vingt-deux musiciens. A l’instar du chœur constitué quant à lui de vingt-quatre membres ajoutés des huit solistes (1) qui les rejoignaient lorsqu’ils n’étaient pas sollicités individuellement, qui, en outre se déplaçait dans l’espace et parmi le public. Il sera résulté de cette proposition interprétative, joie, ardeur, retenue, poésie, spiritualité, moments de quasi commedia dell’arte, surprises, intériorité, deux heures quinze de beauté et de délices sonores d’une variété de couleurs, de rythmes, d’âme et de ton particulièrement envoûtante se concluant sur un vibrant Magnificat.
Bruno Serrou
Amélie Raison (soprano), Brenda Poupard (mezzo-soprano), Eugénie de Mey (chant grégorien), Axelle Verner (contralto), François Joron (ténor), Edouard Monjanel (ténor), René Ramos Premier (baryton), Florent Martin (basse)


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