Paris. Piano****. Philharmonie. Grande Salle Pierre Boulez. Lundi 21 septembre 2026
Devant une salle archi-comble, Piano4etoiles a proposé à la Philharmonie de Paris le 21 septembre un concert qui réconcilie avec l’humanité en ces temps de haine, notamment raciales, et de guerres prenant des couleurs de conflit mondial, un concert qui démontre que juifs et musulmans donnent ensemble des exemples d’osmose, de fusion et de génie artistique.
Sous la direction de son fondateur, Daniel Barenboïm, qui annonce au même moment la naissance à Berlin d’un festival (1) autour de son orchestre israélo-palestinien qu’l a fondé en 1999 avec son ami Edward W. Said, spécialiste palestinien de littérature, le West-Eastern Divan Orchestra qui réunit une centaine de jeunes musiciens de très haut niveau, venant de l’est et de l’ouest du Jourdain. Ce n’est pas du piano, auquel il a renoncé en octobre 2022, mais de l’estrade du chef d’orchestre et directeur musical. Malgré ses difficultés pour traverser le plateau de la Salle Pierre Boulez, son ami, rappelant ainsi la façon de Maurizio Pollini se déplaçant dans ses dernières apparitions sur cène, mais le geste précis et ferme quoiqu’économe. Le chef argentino-hispano-israélo-palestinien a mené avec le West-Eastern Divan Orchestra et son premier violon solo Michael Barenboïm, son fils entouré de jeunes musiciens de grand talent et polyglottes judéo-musulmans encadrés d’un certain nombre d’aînés. ont donné un programme romantique cent pour cent germanique, courant du Danube au Rhin en passant par l’Elbe, une juvénile et sombre Symphonie n° 8 en si mineur « Inachevée » de Franz Schubert, un saisissant Prélude et Mort d’Isolde de Richard Wagner, intense et passionné, et une Symphonie n° 3 en mi bémol majeur « Rhénane » de Robert Schumann qui peut être touffue si le chef n'y prend garde, mais ici fluide, et claire, avec les deux premiers mouvements ont été transparehéroïques, dansants et nobles au point que les deux brefs mouvements conclusifs n’ont pu rivaliser en expressivité.
Le public, venu en nombre, a réservé un accueil enthousiaste et respectueux, avec ovation debout, à Daniel Barenboïm, honorant autant l’artiste que l’homme qui ne cesse de lutter contre les haines, convaincu que la musique est conciliatrice, écrivant notamment à propos de cette phalange œcuménique qu’il a co-créée en 1999 : « Quel meilleur moyen de partager que de former un orchestre, coude à coude face au même pupitre sans distinction de langue ou de sang ? »
Bruno Serrou
1) La première
édition de ce festival West-Eastern Divan financé par la Fondation Daniel
Barenboïm récemment créée, se tiendra à Berlin du 11 au 18 novembre 2026
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