mercredi 24 juillet 2013

Créateur de talent, le compositeur colombien Luis-Fernando Rizo-Salom est mort accidentellement à l’âge de 41 ans



Luis-Fernando Rizo-Salom (1971-2013). Photo : DR
Luis-Fernando Rizo-Salom est mort mardi 23 juillet 2013 des suites d’un polytraumatisme dû à un accident de deltaplane, survenu dimanche 21 juillet, discipline sportive dont il avait été champion de France en 2011. Il avait 41 ans. L’accident a eu lieu dimanche au-dessus de la base d’ULM de Gault-Saint-Denis, dans l’Eure-et-Loir. Son aile s’est écrasée alors qu’elle était tractée par un ULM en train de prendre son envol. La passagère est grièvement blessée mais ses jours ne sont pas en danger. « Le deltaplane s’est décroché de l’ULM, qui le tractait, très peu de temps après le décollage, environ dix secondes, a rapporté le procureur. Il était très proche de la piste, situé entre dix et vingt mètres de hauteur. Il a fait un mouvement de piquer sur la gauche, puis une chute verticale. Comme le deltaplane allait à faible vitesse et était à faible hauteur, le pilote n’a pu faire de manœuvre pour redresser l’aile delta. »

Né en 1971 à Bogota, où il avait fait ses études de composition à l’Université Javeriana dont il est sorti diplômé en 1998, Luis-Fernando Rizo-Salom s’était installé en France en 2000 pour y poursuivre sa formation auprès d’Emmanuel Nunes au Conservatoire de Paris. Il était l’un des compositeurs les plus talentueux de sa génération. Attiré par l’informatique musicale et les nouvelles technologies, il a suivi le Cursus de composition et d’informatique musicale de l’Ircam en 2005. Dans ce cadre, il aura composé Big Bang pour alto et électronique en temps réel. De 2005 à 2007, il est compositeur en résidence à la Casa de Velázquez à Madrid, et il reçoit le soutien des institutions tels que la fondation Nadia et Lili Boulanger, le gouvernement colombien, l’Académie Villecroze, les fondations Meyer, Tarrazi et Legs Saint-Paul et se voit remettre le prix Georges Wildenstein de l’Académie de Beaux-Arts.

Son œuvre embrasse tous les genres, de la musique de chambre à l’orchestre avec ou sans électronique. Elle est jouée dans de nombreux festivals, en Colombie, France, Angleterre, Russie, Autriche, Italie, au Portugal, en Espagne, Allemagne et au Canada. Elle est diffusée par les radios nationales canadienne, française et colombienne. En 2013 paraît un premier disque monographique consacré à sa musique de chambre, produit et financé par la Salle de Concerts Luis Angel Arango à Bogota, avec le soutien de la Banque nationale de Colombie.

La dernière œuvre de Luis-Fernando Rizo-Salom donnée en création aura été Les Quatre pantomimes pour six par l’Ensemble Court-Circuit dans le cadre du Festival ManiFeste de l’IRCAM, le 19 juin 2013. « Les Quatre pantomimes pour six du compositeur colombien sont immédiatement séduisantes, écrivais-je au soir de la première de ce sextuor pour vents et cordes sans électronique (voir http://brunoserrou.blogspot.fr/2013/06/a-lircam-deux-uvres-phares-de-yan.html), avec leurs rythmes syncopés, leur énergie vitale qui ne cesse de se renouveler et qui leur donne une pulsation conquérante. Le violoncelle est l’assise de la pièce, Rizo-Salom lui faisant utiliser tous les modes de jeux possibles, et le cor, dont les hurlements et les stridences usent continuellement de glissandi, ce qui donne à l’œuvre un côté ludique de bon aloi, à l’instar de la partition entière, joyeuse, joueuse, complexe mais sans en avoir l’air... »

Bruno Serrou

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