mardi 30 juillet 2013

Au cœur de la Corrèze, le Festival de La Vézère, rivière arrosant le château du Saillant, saveur de Sussex venue de Glyndebourne

Festival de La Vézère, Saillant et Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze), jeudi 25 juillet 2013
 
Le Châteu du Saillant (XIIIe siècle), centre d'activité du Festival de La Vézère. Photo : (c) Bruno Serrou
 
Avec un budget de 500.000 euros, le Festival de La Vézère organise chaque été une vingtaine de concerts dans plus d’une dizaine d’agglomérations du département de la Corrèze pour un public essentiellement local. « Malgré la crise, nos festivaliers nous font confiance et nous suivent fidèlement », se félicite Isabelle de Lasteyrie du Saillant, directrice du festival dont le parc et les dépendances du château accueillent la part lyrique de la programmation.
 
Abbatiale de Beaulieu-sur-Dordogne. Photo : (c) Bruno Serrou
 
C’est ainsi qu’en la majestueuse abbatiale romane du XIIe siècle de Beaulieu-sur-Dordogne pleine à craquer se sont produits les huit Violoncelles Français de Roland Pidoux, avec, parmi eux, Emmanuelle Bertrand, Eric-Maria Couturier et Raphaël Pidoux. Constitué d’arrangements habilement conçus par Roland Pidoux, le programme d’essence populaire mais remarquablement élaboré autour de pages de Richard Wagner (ouverture et romance de Tannhäuser), Gustav Mahler (mouvement lent de la Symphonie n° 1), Giacomo Puccini (interlude du troisième acte de Madame Butterfly), Carl Maria von Weber (extrait du Freischütz), et, en seconde partie, moins convaincante que la première, Maurice Ravel (Tombeau de Couperin), Hector Berlioz (le Spectre de la rose) et Georges Bizet (extraits de Carmen). Un programme à l’image de l’idée conductrice du festival, qui entend réunir dans des cadres remarquables de grands interprètes présentant des œuvres majeures pour des auditoires peu aguerris mais avides de musique de qualité.
 
Les Violoncelles Français, abbatiale de Beaulieu-sur-Dordogne. Photo : (c) Bruno Serrou
 
C’est ainsi que, au cœur des paysages bucoliques de la Corrèze environnant des villages aux noms  rendus illustres par la noblesse de France, à quelques encablures du Festival de Saint-Céré, le Festival de la Vézère attire depuis 1981 des musiciens de renom qui se plaisent à jouer devant des publics sevrés de musique. Voilà trente-deux ans en effet, visitant ses amis Guy et Isabelle de Lasteyrie du Saillant, sœur du président Valéry Giscard d’Estaing, le violoncelliste Roland Pidoux découvrait dans les environs de Brive le château du Saillant. Il leur suggéra immédiatement l’idée d’un festival.
 
Château du Saillant, la grange où sont donnés chaque été deux opéras. Photo : (c) Bruno Serrou
 
Depuis, cette grande bâtisse carrée du XIIIe siècle et ses dépendances accueillent l’été venu des musiciens de renom comme Teresa Berganza, Yuri Bashmet, Philipe Jarousky et, cette année, Kirill Troussov, les Paladins, Claire-Marie Le Guay, Lidija et Sanja Bijzak. Parmi les particularités du festival qui draine les rives de la Vézère, affluent corrézien de la Dordogne, la présentation de deux opéras dans leur version piano mis en scène dans la grange du château du Saillant.
 
La Vézère traversant le parc du château du Saillant. Photo : Festival de La Vézère, DR
 
Avec le pique-nique qui précède dans le parc, le lieu acquiert une ambiance proche de celle Festival de Glyndebourne, mais en plus intimiste et débonnaire. « D’ailleurs, la troupe Diva Opera est anglaise, se réjouit Isabelle de Lasteyrie du Saillant, qui pilote seule le festival depuis la mort de son mari. Dirigée par Brian Evans et Anne Marabini Young, cette compagnie réunit des chanteurs en début de carrière qui travaillent six mois sur des opéras avec lesquels ils partent ensuite en tournée. Ces productions en langue originale sont présentées en exclusivité française dans notre festival. Nous apportons ainsi l’opéra à un public qui a peu l’occasion d’en écouter grandeur nature. Nous leur proposons des ouvrages populaires qui sont montés avec un haut degré d’exigence. » Cette année sont ainsi programmés Il Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini et la Traviata de Giuseppe Verdi. Par ailleurs, dans sa volonté de conquête d’un jeune public, le festival produit Pierre et le loup de Serge Prokofiev.
Bruno Serrou

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