Paris. Philharmonie, Salle Pierre Boulez. Cité de la Musique, Salle des concerts et Amphithéâtre. Vendredi 12, lundi 15, mardi 16, mercredi 17, vendredi 19 et dimanche 21 janvier 2024
Fondée en 2014 par la Cité de la
Musique, la Biennale de quatuors à cordes convie dix jours durant les plus
grandes formations du genre à se produire devant le public de la Philharmonie de
Paris dont elle investit l'essentiel des lieux pouvant accueillir du public, la Salle Pierre
Boulez de la Philharmonie, la Salle des Concerts et l’Amphithéâtre de la Cité de la Musique, et y
associe diverses activités parallèles dont un Concours de lutherie, cette année la facture d’un
violon. Le célèbre
Cette XIe édition de la Biennale de quatuors à cordes avait pour figure centrale le Kronos Quartet pour son demi-siècle d’existence. Tout en célébrant l’histoire d’un genre initié au milieu du XVIIIe siècle et encore très inspirant en ce XXIe siècle, l’édition 2024 de la biennale a été plus ouverte que jamais aux musiques d’aujourd’hui, avec pour invité central un ensemble californien qui célébrait ses cinquante ans d’existence, le Kronos Quartet, créateur et dédicataire de plus de six cents partitions, soit une douzaine par an… Seul au monde le Quatuor Arditti fondé à Londres voilà cinquante ans en cette année 2024 par Irvine Arditti (créateur de plus d’une trentaine d’œuvres nouvelles par an) peut s'enorgueillir d’un palmarès comparable, mais avec des partitions plus complexes, et en France le Quatuor Diotima, actif depuis 1996 mais qui associe dans ses programmes créations et répertoire.
Créé en 1973 par le violoniste David
Harrington, qui en est aujourd’hui encore le premier violon, le Kronos Quartet est installé à San Francisco depuis 1978. Deux autres de ses membres d’origine sont
toujours en son sein aux côtés de David Harrington, John Sherba (second violon)
et Hank Dutt (alto), seul le violoncelliste Paul Wiancko ayant remplacé Joan
Jeanrenaud. La formation est depuis ses débuts principalement vouée à la musique
contemporaine, particulièrement celle des Etats-Unis qualifiée de
« nouvelle musique », principalement les styles répétitif, néo-tonal
et musique de film. Trois jours de Kronos Quartet étaient proposés le premier
week-end de la Biennale, avec trois concerts, une master class, une rencontre,
une conférence et un marathon « Kronos 50 for the Future » où
cinquante œuvres nouvelles étaient programmées en huit heures réparties sur deux
jours et créées par six quatuors distincts.
Le concert d’ouverture était organisé
vendredi 12 janvier en la Salle des concerts de la Cité de la Musique, avec une première prestation du Kronos Quartet donnée devant une salle comble, emplie de jeunes
spectateurs et de cheveux blancs mêlés, à l’instar du quatuor. Quatre musiciens à
la technique imparable se connaissant parfaitement, jouant avec micros amplificateurs installés sur le plateau selon la disposition classique,
dans la largeur de la salle, et jouant des pages consensuelles et trop souvent
gadgets, dans le goût hollywoodien, à l’exception du puissant et original quatuor Black Angels (Thirteen Images From
the Dark Land) [Anges Noirs (Treize
Images du Pays des Ténèbres)] pour quatuor à cordes électrifié de George
Crumb (1929-2022) composé en 1970 à la demande de l’Université du Michigan pour
le Quatuor Stanley, qui l’a créé à Ann Arbor le 23 octobre 1970. Ce cycle, qui
dépeint en trois étapes un voyage de l’âme, de la perte de l’état de grâce à la
rédemption après être passé par l’anéantissement, adopte la forme d’une grande
arche déployée sur une vingtaine de minutes (Départ,
Absence, Retour) autour de trois pièces intitulées Threnody (Mélopée) qui en
constituent la colonne vertébrale. Comme toujours chez Crumb, cette partition recèle des
éléments qui en font l’un des compositeurs étatsuniens les plus originaux et
créatifs, avec amplification des cordes subtilement utilisée, « sons
pédales », jeu de l’archet entre la main gauche et le sillet qui suscite
un effet de consort de viole, trilles sur les cordes avec des dés à coudre,
maracas, tam-tams et verres de cristal accordés produisant un effet de glass harmonica. Autre moment de grâce, le bis final, une impressionnante adaptation
de la célèbre chanson de 1967 en mi mineur pour lead guitare, guitare basse et
batterie Purple Haze du groupe Jimi Hendrix Experience caractéristique de la période dite psychédélique. Entre
ces deux œuvres, une suite de quatre partitions caractéristiques de la créativité
musicale à la mode états-unienne suave et atone, sans personnalité ni saillies,
ilektrikés rimes en huit sections
pour quatuor à cordes amplifié, harmonica de verre et bruits enregistrés, sorte
de méditation planante que la compositrice serbo-étatsunienne Aleksandra
Vrebalov (née en 1970) a dédiée à George Crumb et que le Kronos Quartet a créé
le 23 avril 2022 au Carnegie Hall de New York, suivi de Little
Black Book (Petit livre noir) de
Jlin (née en 1987) arrangé pour quatuor d’archets par Jacob Garchik en 2018
pour le « Kronos Fifty for the Future » du Festival de Hollande, page
de cinq minutes qui semble s'éterniser, enchainée à une autre œuvre du même
acabit pour les même circonstances et réalisée par le même arrangeur que la
précédente, Tegere Tulon de la
compositrice malienne Hawka Kassé Mady Diabaté (née en 1974), puis un extrait
de huit minutes The Black Art Book of St.
Cyprian the Mage composé en 2023 pour le Kronos Quartet par le
« rocker avant-gardiste » Trey Spruance (né en 1969) illustrant le
figure orthodoxe de saint Cyprien considéré « comme la magicien le plus
puissant de son temps » (Spuance), et, en conclusion du concert, le Triple Quartet pour quatuor à cordes et bande magnétique du
« pape du minimalisme » Steve Reich (né en 1936) pour le Kronos
Quartet qui l’a créé le 22 mai 1999 à Washington DC, le quatuor live dialoguant avec deux
enregistrements de lui-même et dont l’inspiration première est tirée du Quatuor à cordes n° 4 en ut majeur Sz. 91 de
Béla Bartók… Outre Purple Haze de Jimi Hendrix déjà évoqué, le Kronos Quartet a donné en bis un convenu Flow de Leroy Anderson (1908-1975), dont on retrouvera au terme du dernier concert de la Biennale une pièce plus ludique et stimulante...
Lundi 15 janvier, c’était pour moi la découverte d'un brillant ensemble, le Quatuor Confluence, qui se produisait dans l’atmosphère intime et chaleureuse de l’Amphithéâtre de la Cité de la Musique devant son orgue cruciforme. Ce quatuor d’archets constitué à parité - deux femmes (Charlotte Saluste-Bridoux, Lorraine Campet, violons) et deux hommes (Pierre-Antoine Codron, alto, Volodia van Keulen, violoncelle) -, qui se sont imposés dans un programme classique qui leur a permis de révéler une homogénéité parfaite dans le Quatuor à cordes n° 19 en ut majeur KV. 465 « Dissonances » (1785) de Wolfgang Amadeus Mozart d’une justesse et d’un esprit idoines, et un Quatuor à cordes en la majeur (1902-1903) de Maurice Ravel limpide et analytique exalté par une belle polyphonie et de lumineuses sonorités mais un rien distant. En bis, les Confluence ont joué un enthousiasmant Mouvement lent pour quatuor à cordes d’Anton Webern.
Salle des Concerts de la Cité de la Musique, les musiciens du
Quatuor Béla (Julien Dieudegard et Frédéric Aurier, violons, Paul-Julian
Quillier, alto, Luc Dedreuil, violoncelle) ont présenté un programme éclectique
et original consacré à un siècle d’histoire du quatuor d’archets au
féminin, de 1920 à 2024, avec trois œuvres singulièrement inventives, le
magnifique Quatuor à cordes n° 3 composé
en 1947 par la compositrice violoniste polonaise Grażyna Bacewicz (1909-1969), protégée
d’Ignacy Jan Paderewski et de Nadia Boulanger, suivi du Quatuor à cordes de la compositrice états-unienne Ruth Crawford
Seeger (1901-1953) à l’expressionnisme atonal qui a précédé une page
minimaliste interminable (seule faille du programme) de la touche-à-tout
Meredith Monk (née en 1942) - compositrice, chanteuse, chorégraphe, créatrice
de théâtre musical et d’installations, réalisatrice de films - , avant une
création mondiale particulièrement réussie commandée par la Philharmonie pour
la Biennale à l’Italienne Francesca Verunelli (née en 1979), « Andare », pour quatuor à cordes de
1922-1923 qui, jouant quasi exclusivement des harmoniques naturelles du quatuor, devient quasi irréel et détaché de toute notion attraction terrestre, exploitant tous les types de jeu d’archet, à l’exclusion du bois.
Mercredi, en fin d’après-midi, l’Amphithéâtre de la Cité de la Musique a accueilli toute une assemblée de compositeurs venus assister au concert du Quatuor Diotima (Yun-Peng Zhao et Leo Marillier, violons, Franck Chevalier, alto, Alexis Descharmes, violoncelle) pour deux créations mondiales et une première française. Le moment phare de ce rendez-vous était la création du Quatuor à cordes n° 10 de Marc Monnet (né en 1947), signataire d’une grande et foisonnante partition en six mouvements, qui a inspiré à son auteur, une fois n’est pas coutume pour cet adepte de l’ellipse littéraire, un long texte de présentation publié dans le programme de salle. Familier de l’univers du compositeur, qui a précédemment écrit pour eux ses huitième et neuvième quatuors à cordes, les Diotima, pour qui l’œuvre a été écrite et qui l’ont commandée avec la participation de l’association ProQuartet-Centre européen de musique de chambre, et de la Philharmonie de Paris, en ont donné, en magiciens du son et de la vélocité mise au service de la création, une interprétation éblouissante qui a permis de juger et d'apprécier pleinement les immenses qualités de l’œuvre, tant le jeu et la compréhension de l’œuvre par les quatre archets est d’une absolue perfection, sollicitant continuellement l’écoute par une concentration qui se fait naturelle tant il se passe d’événements perceptibles autant au premier degré que dans les reliefs sous-jacents répartis sur plusieurs strates, tant il s’y trouve de méandres et de sinuosités tout au long des six mouvements, à l’instar du Quatuor à cordes op. 131 de Ludwig van Beethoven, de la Suite lyrique (1925-1926) d’Alban Berg, du Quatuor à cordes n° 4 op. 25 (1936) d’Alexandre Zemlinsky ou celui de Guillaume Lekeu découvert en 2012 auxquels Marc Monnet a attribué des titres indicatifs, Contraste, Presque rien, Avec énergie, Reprises, Minimal et D’un début plein à sa disparition. Cet apparent corset ne contraint aucunement la liberté structurelle loin de tout formalisme, liberté consubstantielle au compositeur et qui gouverne son œuvre entière depuis sa toute première pièce, le tout empreint d’humour, d’inattendu, d’invention, de surprises, d'ambiguïtés, de dissonances, de chatoiements, de jouissance, de saturations, de mélodies enjôleuses, de tensions explosives au détour de chaque page, l'oeuvre ne lâchant à aucun moment l’auditeur qui ne ressent à aucun moment le temps s’écouler tant son attention est de bout en bout sollicitée, maintenue en éveil.
Deux autres pièces ont été mises en regard de cette partition de Marc Monnet avec bonheur. Contrairement à ce qu’annonçait le programme de salle, les Diotima ont ouvert la soirée non pas avec la création de Monnet, mais en prologue la première d’Apollo’s Riddles (Enigmes d’Apollon) de la New-Yorkaise Augusta Read Thomas (née en 1964), commande des Diotima et de la Philharmonie pour la Biennale qui donnait un avant-goût de l'oeuvre centrale du programme, sollicitant la vélocité des quatre archets, autant technique que rythmique, d'aptitude à la coloration, de dynamique, d’énergie, mais aussi d’onirisme et de suggestivité. En résonance avec le dixième quatuor de Marc Monnet, le plus traditionnel out of the bluest blue, quatuor à cordes n° 5 fluctuant entre tonalité et atonalité du compositeur autrichien Thomas Larcher (né en 1963). Cette commande du Quatuor Diotima, de l’Elbphilharmonie de Hambourg (où a été créée l’œuvre le 15 juin 2023), du Wigmore Hall de Londres, du Black Diamond de Copenhague et de la Philharmonie de Paris, compte deux parties, la première d’un tempo flottant, la seconde particulièrement allante, débutant et se concluant sur un choral auquel s’oppose dans l’intervalle un mouvement au caractère impétueux.
Toujours Amphithéâtre de la Cité de
la Musique, le concert du jeune (2019)
Quatuor Leonkoro (« cœur de lion » en espéranto) constitué à parité de
femmes et d’hommes (Jonathan Schwarz et Amelie Wallner, violons, Mayu Konoe,
alto, Lukas Schwarz, violoncelle) jouant debout à l’exception du violoncelliste, a proposé un splendide programme constitué de deux Quatuors à cordes n° 1,
celui de Leoš Janáček, « Sonate à Kreutzer » composé en 1923 et créé à Prague voilà près de cent
ans, le 17 octobre 1924 par le Quatuor Tchèque, mais manquant ici de mordant en raison essentiellement de sonorités trop voluptueuses pour une œuvre du compositeur morave, et celui de
Johannes Brahms, le Quatuor op. 51/1
composé et créé en 1873 à Vienne par le Quatuor Hellmesberger, vif, nerveux,
conquérant.
Moins d’une heure après le concert des Leonkoro,
cette fois dans la Salle des concerts de la Cité de la musique, sur un plateau
installé dans le sens de la longueur de la salle modulable, ce qui permet une
clarté, une réverbération remarquablement adaptées au quatuor d’archets,
le brillant Quatuor Modigliani, comme à son habitude, a proposé un concert envoûtant. Constitués d’Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing,
alto, et François Kieffer, violoncelle, les Modigliani ont présenté des oeuvres littéralement
chantées par leurs archets dans de volubiles Trois Pièces pour quatuor à cordes aux
titres précisant les tempi composées
en Suisse en 1914 par Igor Stravinski et créées le 8 novembre 1915 à Chicago par
le Quatuor Flonzaley, suivi de la tragique intimité de Dimitri Chostakovitch
dans son Quatuor à cordes n° 3 en fa
majeur op. 73 composé en cinq mouvements en 1946 et créé le 16 décembre de
la même année par le Quatuor Beethoven dans la petite salle du Conservatoire de
Moscou qui, sous les doigts et les archets des Modigliani a atteint une noble
et limpide expressivité. Mais la part la plus remarquable de ce concert restera
pour longtemps la fabuleuse interprétation du Quatuor à cordes n° 7 en fa majeur op. 59/1 « Razoumovski »
que Ludwig van Beethoven a composé en 1806, que les Modigliani ont fait
merveilleusement sonner dans une acoustique d’une transparence et d’une chaleur
rarement atteintes à un tel degré dans la salle modulable de la Cité de la
Musique, au point que l’exposition du thème russe reprise plusieurs fois dans
le finale laissait espérer qu’il n’y eût point de fin à ce concert...
Deux rendez-vous étaient fixés
dimanche 21 janvier, dernier jour de la Biennale de quatuors à cordes 2024. Le
premier, en milieu d’après-midi, était confié à la fratrie salzbourgeois du Quatuor
Hagen constituée de Lukas Hagen, premier violon, Veronika Hagen, alto et
Clemens Hagen, violoncelle à qui s’est joint en 1987 Rainer Schmidt (second violon).
Cet ensemble fondé en 1981 a ouvert son, programme avec le Quatuor à cordes en ré mineur op. 76/2 « Les Quintes » que
Joseph Haydn conçut en 1797, véritable apogée du fantastique cursus de
soixante-huit quatuors d’archets du compositeur autrichien entre 1757 et 1803, œuvre
d’une saisissante expressivité dans laquelle les Hagen ont chanté
dans leur jardin. En regard, leur Quatuor
à cordes en sol mineur op. 10 de Claude Debussy est apparu un rien trop
sombre, en couleurs et textures, et pas assez rêveur dans l’expression
de l’Andantino. En revanche, leur
conception du Quatuor à cordes n° 14 en
ut dièse mineur op. 131 de Ludwig van Beethoven a particulièrement convaincu. Composée en six mouvements
en 1825-1826, cette œuvre est l’un des cinq sommets de l'ensemble de la littérature
pour quatuor à cordes, aux côtés des trois « Galitzine » opp. 127, 130, 132 et de l’ultime op. 135, toutes partitions de Beethoven. La lecture
du Quatuor Hagen s’est avérée proprement magnétique et foisonnante, les quatre
musiciens s’investissant sans réserve dans cette immense partition, au point de
ne pas donner de bis, préférant rester sur ce grand moment de grâce.
Intitulé « Concert de clôture », l’ultime rendez-vous de la XIe Biennale de quatuors à cordes de la Philharmonie de Paris, véritable feu d’artifice final, a pris place Salle Pierre Boulez et a été confié aux artificiers du rayonnant Quatuor Modigliani, qui a réuni autour de lui des membres de sept autres quatuors participant à festival. Les Modigliani ont ouvert seul la soirér avec l’ensorceleuse polyphonie du Mouvement lent pour quatuor à cordes d’Anton Webern que le Quatuor Confluence avait donné en bis quelques jours plus tôt, interprété ici avec une lumière et un classicisme typiquement viennois.
Ce sont joints à eux les quatre archets du Leonkoro pour un grandiose Octuor à cordes en mi bémol majeur op. 20 que Felix Mendelssohn-Bartholdy composa en 1825 qui trahit une maturité et une science de l’écriture et des équilibres exceptionnelle chez un jeune homme de seize ans. Les huit musiciens ont donné de ce chef-d’œuvre une lecture au cordeau, portée par l’élan et le dynamisme instillés par le premier violon tenu par Amaury Coeytaux - il convient d’ailleurs de noter que les quatre chefs de pupitres étaient les membres du Modigliani.
Pour
conclure, les Modigliani, rejoints par des membres des Quatuors Confluence (Lorraine Campet,
Pierre-Antoine Codron), Hermès (Omer Bouchez, violon), Akilone (Magdalena Geka,
violon), Chaos (Eszter Kruchio, Suzanne Schäffer, violons, Sara Mazadori, alto,
Bas Jongen, violoncelle), Barbican (Kate Maloney, Amarins Wierdsma, violons, Christoph
Slenczka, alto, Yoanna Prodanova, violoncelle) et Arod (Jordan Victoria,
Alexandre Vu, violons), auxquels se sont associés deux contrebasses tenues par
Yann Dubost et Edouard Macarez, ont interprété un arrangement pour
vingt-quatre instruments à cordes du Quatuor
à cordes en sol mineur op. 27 (1877-1878), unique pièce du genre achevée
par Grieg, qui en commença un second en 1907 sans le terminer. Tout en étoffant
les textures et en retirant en souplesse et fluidité, cette version jouée
debout par l’ensemble des participants à l’exception des violoncelles, a été
restituée avec allant, ampleur et souplesse, instaurant une transparence bienvenue
aux blocs harmoniques qui auraient pu se révéler massives, ce qui n’a absolument
pas été le cas. En bis, en forme d’éclat de rire, un inénarrable Plink, Plank, Plunk ! de Leroy
Anderson tout en pizzicati parmi
lesquels quelques « pizz. Bartók » émis par les contrebasses...
A l’issue de ce final ludique offert en conclusion d'une décade de concerts, la XIe Biennale de quatuors à cordes annonçait les résultats de la deuxième édition du Concours international de lutherie organisé par la Philharmonie de Paris, le Musée de la Musique et le Fonds de dotation Talents & Violon’celles :
Soixante-dix violons de la catégorie « Talent
d’aujourd’hui » et huit violons de la catégorie « Talents
de demain » auront pris part à la compétition. Eiichi Chijiiwa, Gilles
Henry, Pascale Meley, Nikola Nikolov, violonistes de l’Orchestre de Paris ont
fait entendre le potentiel de chaque instrument permettant aux membres du jury présidé
par Raphaël Pidoux et composé de violonistes (Tanja Becker-Bender, Roland
Daugareil et Jean-Jacques Kantorow) et de luthiers (Andrea Frandsen, Silvio
Levaggi et Julie Reed-Yeboah) d’établir le palmarès de l’édition 2024. Le
public a également pris part au concours en décernant un Prix spécial.
Les
résultats sont les suivants :
Catégorie « Talents d’aujourd’hui » :
Premier Prix ex-aequo décerné à Piotr PIELAZEK (Pologne) et Roy VIATEUR (France)
Coup
de cœur du jury des musiciens décerné à Florian ZINKHAHN (Allemagne)
Coup de cœur du jury des luthiers décerné à Roy VIATEUR (France)
Coup
de cœur des violonistes de l’Orchestre de Paris décerné à Florian ZINKHAHN
(Allemagne)
Prix
Spécial du public décerné à Nicolas GILLES (France)
Catégorie « Talents de demain » :
Premier
Prix décerné à Schweizer Geigenbauschule Brienz - Eva SCHULZ
Deuxième
Prix décerné à École Nationale De Lutherie De Mirecourt - Eglantine MINVIELLE
Troisième
Prix décerné à Istituto d'Istruzione Superiore Antonio Stradivari Cremona -
Changhun LEE
Coup
de cœur du jury luthiers décerné à Schweizer Geigenbauschule Brienz - Eva SCHULZ
Bruno Serrou
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