jeudi 21 décembre 2017

Des Contes d’Hoffmann d’après Offenbach

Dijon (Côte d’Or), Opéra de Dijon. Jeudi 14 décembre 2017


Jacques Offenbach (1819-1880), les Contes d'Hoffmann. Photo : (c) Gilles Abegg / Opéra de Dijon

Depuis un certain nombre d’années, l’Opéra de Dijon se plaît à jouer avec les œuvres. Après un Ring de Wagner tronqué et traficoté, c’est au tour des Contes d’Hoffmann d’Offenbach.


Jacques Offenbach (1819-1880), les Contes d'Hoffmann. Photo : (c) Gilles Abegg / Opéra de Dijon

Dès sa création posthume en 1881, les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach ont fait l’objet de coupures, d’ajouts, d’arrangements en tous genres. Le livret du seul opéra et œuvre ultime du « Mozart des Champs-Elysées » signé Jules Barbier puise pour l’essentiel dans trois des contes du compositeur écrivain allemand E.T.A. Hoffmann.


Jacques Offenbach (1819-1880), les Contes d'Hoffmann. Photo : (c) Gilles Abegg / Opéra de Dijon

Cette fois c’est une refonte quasi générale de cet ouvrage d’Offenbach que l’Opéra de Dijon présente en cette fin d’année dans l’accueillant Grand Théâtre de Jacques Cellerier et Simon Vallot. Certes, les grands airs qui font la réputation de l’œuvre sont présents, mais fondus dans une double adaptation musicale par Fabien Touchard, pour les arrangements, et Peter von Poehl, pour les ajouts et la sonorisation pop’, ainsi que littéraire par Mikaël Serre pour de nombreux dialogues parlés, également metteur en scène. Transformé en un spectacle de deux heures en continu, ces Contes d’Hoffmann sont sous-titrés « laissez-moi hurler et gémir et ramper comme une bête », citation tirée de Friedrich Nietzsche à qui le texte emprunte ainsi qu’à Ingmar Bergman, Werner Schroeter et Michel Houellebecq.


Jacques Offenbach (1819-1880), les Contes d'Hoffmann. Photo : (c) Gilles Abegg / Opéra de Dijon

De ce qui pourrait passer pour un salmigondis fait sur le dos d’un chef-d’œuvre au prétexte qu’il est inachevé, reste l’intrigue originelle et les actes de l’automate Olympia, d’Antonia à la voix d’ange et la courtisane Giulietta, ainsi que l’épilogue de Stella. L’orchestre, réduit à 11 instruments, dirigé avec élégance par Nicolas Chesneau, est dissimulé en fond de plateau derrière un rideau sur lequel sont projetées entre chaque acte des interviews des conquêtes d’Hoffmann. Au centre de la scène, sept flippers dont les bruits forment un fond sonore, et un immense lit blanc circulaire éclairé par une rosace de néon. Pour Mikael Serre, les Contes d’Hoffmann sont « le premier opéra rock de l’histoire », annonçant Tommy du Who ou Phantom of the Paradise de Brian de Palma… 

Jacques Offenbach (1819-1880), les Contes d'Hoffmann. Photo : (c) Gilles Abegg / Opéra de Dijon

Du ce bric-à-brac ressort une distribution sans faille dominée par un ex-membre de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris, l’étincelant Kévin Amiel, Hoffmann résolu et humain. La soprano franco-canadienne Samantha Louis-Jean cumule brillamment les quatre rôles féminins (Olympia, Antonia, Giulietta, Stella). Damien Pass (Lindorf, Coppelius, Dr Miracle, Dapertutto) et Marie Kalinine (Nicklausse, la muse, la mère d’Antonia) leur donnent une réplique idoine, à l’instar des seconds rôles et du chœur.

Bruno Serrou

Aucun commentaire:

Publier un commentaire