mardi 6 janvier 2015

CD : Patrice Fontanarosa, portrait en cinquante enregistrements


Ainé d’une fratrie qui compte dans ses rangs la pianiste Frédérique Fontanarosa et le violoncelliste Renaud Fontanarosa, avec qui il a formé le fameux trio sous leur patronyme commun, Patrice Fontanarosa est l’un des violonistes français les plus naturellement doués de sa génération. Fils des peintres Lucien Fontanarosa (1912-1975) et Annette Faive-Fontanarosa (1911-1948), époux de la harpiste Marielle Nordmann, il est l’un des violonistes français les plus couronnés par les concours internationaux, Ginette Neveu à Paris, Georges Enesco à Bucarest, Long-Thibaud à Paris, Villa-Lobos à Rio de Janeiro, Paganini à Gênes… Une facilité qui lui a permis de s’exprimer avec autant d’aisance dans les répertoires soliste, chambriste, avec ses frère et sœur au sein du Trio Fontanarosa, qu’avec sa femme Marielle Nordmann, de violon solo de l’Orchestre National de France, dont il fut dix ans titulaire (de 1976 à 1985) après l’avoir été des Virtuosi di Roma, et de chef d’orchestre, dirigeant du violon l’Orchestre des Pays de Savoie de sa création en 1984 jusqu’en 1989.7

Pochette originale de l'enregistrement du second Trio de Franz Schubert par le Trio Fontanarosa réalisé en 1973

La facilité du jeu, la technique si sûre qu’il lui arrive d’en oublier le contrôle,  et la musicalité naturelle de Patrice Fontanarosa s’imposent dans leur flegmatique évidence dès les premières minutes d’écoute des enregistrements réunis par Decca en douze disques enregistrés en vingt ans, entre 1971 et 1991, qui le présentent en concerto, entouré de sa fratrie et d’un certain nombre de ses amis chambristes, en un curieux duo violon/guitare, en solo et jusque dans ses bis. Au total quarante-neuf œuvres de trente-quatre compositeurs parmi lesquels aucun contemporain, ce qui reflète bel et bien le répertoire du violoniste et son manque légendaire de témérité qui le pousse à rejeter en bloc toute musique plus ou moins nouvelle et audacieuse. Au sein de cet ensemble, où l’on regrette que Patrice Fontanarosa soit accompagné dans les œuvres concertantes soit par des orchestres de second rayon soit par des chefs sans personnalité réelle, voire les deux à la fois, ce qui rend superflus ses concertos de Bach (BWV 1052) Mozart (KV. 216), Dvorak, et, pire encore, Beethoven, Mendelssohn, Brahms et Tchaïkovski - ce qui représente tout de même près de quatre disques -, tandis que les cinq plus courtes pages pour violon et orchestre (Chausson, Berlioz, Dvorak, Ravel, Rimski-Korsakov) réalisées avec le Grand Orchestre de Radio Luxembourg dirigé par Louis de Froment réunies sur un disque, et, surtout, le concerto de Schumann et celui de Sibelius sont infiniment plus recommandables. Cependant, le meilleur se trouve du côté des enregistrements du Trio Fontanarosa, particulièrement les deux Trios pour violon, violoncelle et piano de Schubert, le Trio de Ravel et celui de Fauré, que Decca pourrait proposer indépendamment.

Bruno Serrou
                                                                                                                                                
Patrice Fontanarosa Portraits 12CD Decca 481 1195 (Universal Classics)

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